Les Pupilles de l'Enseignement Public de la Mayenne
Éducatif
La classe hors l’école
La classe transplantée au centre La Charnie est l’expérience privilégiée du contact direct avec un
environnement où les acteurs de la vie sociale, culturelle, éducative et pédagogique se dévoilent
dans leur milieu de vie ou de travail, parfois les deux. On sort de l’espace cloisonné de la classe et
de l’école pour donner corps et vie aux apprentissages. On fait en sorte que ces derniers, ainsi que
les conditions de vies soient différents de manière à évoluer dans un contexte et un milieu inconnus.
On sollicite les élèves sur les plans social, moteur, sensible et cognitif.
Dans ce contexte, l’équipe du centre joue un rôle primordial. Elle est l’interface entre la classe et
cette nouvelle vie de quelques jours. Chacun de ses membres devient un nouveau référent et le
garant de la cohérence du déroulement du séjour vis-à-vis du projet.
La découverte de l’inconnu suscite chez les enfants des questionnements, des comparaisons. La
curiosité est aiguisée : le besoin de communiquer est activé. Les sorties pédagogiques donnent
justement lieu à des dialogues avec des interlocuteurs variés, font s’affronter des points de vue
différents, offrent une ouverture culturelle et intellectuelle. De plus, elles font évoluer les
représentations en les confrontant à la réalité. On s’ouvre sur le monde.
Un projet de classe transplantée dans une école n’est pas anodin. Son organisation, la motivation
des enseignants et des enfants, l’implication des collectivités locales et des parents en font un
événement d’une grande importance. L’implication de tous ces partenaires – qui sont également les
acteurs du projet – permet de resserrer les liens autour de l’école.
La classe de découverte favorise le décloisonnement, créé une unité thématique et mobilise des
savoirs et savoir-faire de disciplines différentes, pour comprendre des situations complexes dans un
contexte inconnu. Elle tend à compenser les inégalités sociales et culturelles.
Sur un principe d’égalité, elle permet à tous de découvrir d’autres modes de vie, des cultures
différentes. C’est un pas vers l’éducation à la citoyenneté. En effet, la classe de découverte fait
évoluer dans un contexte de vie collective. Or, un moment de vie collective avec la classe n’est pas
banal pour l’enfant : c’est un moment où il est conscient d’évoluer avec un groupe, dans un intérêt
commun. Cela lui donne une expérience sociale et instaure des relations avec les adultes.
Ainsi on mesure l’importance du décloisonnement : la perception de l’adulte par l’enfant se
modifie. L’enseignant est toujours le « maître » ou la « maîtresse » aux yeux de l’enfant mais pas
seulement et c’est ce « pas seulement » qui lui permet de bousculer toutes les barrières que pose un
lieu aussi protégé que l’école afin d’instaurer des relations sociales avec les adultes.
Par ailleurs, la vie collective permet des relations de nature différente à celles existant en classe
entre les enfants. On assiste à la mise en œuvre d’attitudes responsables du fait d’évoluer dans un
milieu moins sécurisant pour eux. On apprend à vivre ensemble, à respecter l’environnement qui
est offert et qui doit perdurer pour nous et pour les autres.
On instaure des règles de vie et l’équipe d’animation est là pour les accompagner dans ce sens. La
vie quotidienne au centre a pour buts essentiels et primordiaux la responsabilisation et l’autonomie
avec des repères précis définis par ces règles, celles-ci représentant en elles-mêmes une unité
pédagogique.